Il y a des défilés qui ressemblent à des démonstrations de savoir-faire, et d’autres qui ressemblent à des voyages. Celui d’Elie Saab, pour le printemps/été 2026, appartenait clairement à la seconde catégorie. On n’assistait pas à un simple show, mais à une traversée. Une plongée dans une époque où la nuit avait un parfum de liberté, où les silhouettes brillaient comme des promesses, où la mode se vivait comme une fête.












Photos : Elie Saab/DR
Un podium baigné de lune et de nostalgie
Dès les premières secondes, on a senti que quelque chose vibrait différemment. Le podium baignait dans une lumière de clair de lune, douce mais brûlante, comme un souvenir qui refuse de s’éteindre. Les teintes blush, bronze, sable et or fondu glissaient sur les silhouettes avec la lenteur d’un coucher de soleil sur le désert. On aurait dit que la chaleur des années 70 remontait à la surface, prête à envelopper la salle entière.
Cette collection avait le goût d’un retour aux sources.
Elie Saab, né en 1964, semblait revisiter les images qui ont nourri son adolescence: les soirées glamour, les silhouettes libres, les couleurs chaudes, les gestes précis des ateliers de Beyrouth. Une mémoire personnelle transformée en spectacle.












Photos : Elie Saab/DR
Des silhouettes qui ondulent, scintillent et racontent
Les silhouettes avançaient comme des mirages. Des foulards fins flottaient autour des visages. Des gilets ouverts laissaient deviner la peau. Des franges vibraient au rythme des pas. Les décolletés plongeaient, les tailles s’abaissaient, les lignes se dérobaient à la symétrie. Tout respirait la sensualité, mais une sensualité tranquille, assumée, presque méditative.
Il y avait la lumière
Les sequins ondulaient comme des vagues. Les cristaux coulaient sur les corsages en cascades hypnotiques. La maille métallique captait chaque projecteur comme si elle avait été conçue pour dialoguer avec lui. On avait l’impression que les robes vivaient leur propre vie, indépendamment des corps qui les portaient. Au milieu de cette opulence, des broderies fines rappelaient les racines du créateur. Des gestes anciens, des techniques précieuses, un héritage qui ne se renie pas.












Photos : Elie Saab/DR
La couture entre contrainte et liberté
Certaines jupes colonnes étaient si étroites qu’elles semblaient défier la logique. Une mannequin a même chuté, preuve que la haute couture peut parfois être un terrain glissant. Mais cette contrainte racontait quelque chose. Elle dessinait des silhouettes nouvelles, loin du sempiternel sablier. Comme si Saab, à l’image de Chanel ou Dior cette semaine, invitait les femmes à redessiner leur corps selon leur propre désir. Et puis, surgissant comme des éclats de rêve, des plumes. Légères, effleurant les épaules, s’élevant des corsages. Un détail récurrent cette saison, mais chez Elie Saab, elles prenaient une dimension presque cinématographique. Comme si elles appartenaient à une diva prête à s’envoler.
Une mariée comme une apparition
Le final a été un souffle suspendu. La mariée est apparue dans une nuisette beige rosé, brodée de pierres et ourlée de dentelle. Une traîne aérienne flottait derrière elle, si légère qu’on aurait cru qu’elle respirait. Sur sa tête, une couronne de pierres précieuses, évoquant des épines dorées, encadrait son visage comme un halo. Elle avançait comme une figure mythologique, une apparition née d’un rêve ancien. Le maquillage minimaliste, les cheveux légèrement décoiffés, l’absence de bijoux ostentatoires donnaient à l’ensemble une sensualité discrète, presque intime. Une manière de rappeler que la vraie opulence n’a pas besoin de s’imposer.












Photos : Elie Saab/DR
Entre souvenir, chaleur et éclats de lumière
Elie Saab a livré un défilé incandescent, où la nostalgie devient matière à créer, où la lumière sculpte les silhouettes, où les années 70 renaissent sans jamais se figer. Une collection qui laisse derrière elle un sillage doré, comme une nuit d’été qu’on voudrait retenir encore un peu.









Photos : Elie Saab/DR





