Six œuvres majeures, une scénographie ambitieuse… mais un manque criant de contextualisation qui laisse le visiteur en suspens.




Photos : Nan Holdin/Grand Palais/Kbsp/DR
Présentée au Grand Palais et à la chapelle Saint‑Louis de la Salpêtrière, la rétrospective Nan Goldin. « This Will Not End Well » reprend le concept imaginé par le Moderna Museet : montrer la photographe comme cinéaste, à travers diaporamas et vidéos. Dans le salon d’honneur plongé dans l’obscurité, cinq pavillons se succèdent, chacun dédié à une œuvre. La qualité de projection est irréprochable, mais l’ensemble manque de lisibilité. L’absence de chronologie brouille la lecture d’un parcours pourtant fondé sur l’évolution d’une narration intime, inaugurée avec « The Ballad of Sexual Dependency ».



Photos : Nan Holdin/Grand Palais/Kbsp/DR
Une histoire artistique trop peu racontée
Les cartels minimalistes laissent de côté des éléments essentiels : la présentation choc d’Arles en 1987, le rôle du réalisateur David Sherman, ou encore l’importance de l’« école de Boston », matrice fondatrice de Nan Goldin aux côtés de David Armstrong, Mark Morrisroe ou Philip‑Lorca diCorcia. Sans ces repères, le visiteur peine à saisir la place de Nan Goldin dans une histoire photographique déjà marquée par Larry Clark ou Duane Michals.
Une évolution difficile à percevoir
Si les grands classiques, « The Other Side » , »Saints », « Sibyls », conservent leur force, les œuvres récentes peinent à convaincre. « Stendhal Syndrome (2024) » laisse une impression d’inachevé, tandis que Gaza, Notes a genocide, encore en cours d’élaboration, révèle davantage la militante que l’artiste. L’absence du film Toute la beauté et le sang versé, qui aurait éclairé ce tournant politique, se fait sentir.



Photos : Nan Holdin/Grand Palais/Kbsp/DRUne rétrospective forte… mais incomplète
Malgré des moments d’une intensité rare, l’exposition souffre d’un manque de repères historiques et d’un fil narratif trop ténu. Une immersion fascinante, mais qui laisse le visiteur chercher seul les clés d’une œuvre pourtant essentielle.
En bref
jusqu’au 21 juin, Grand Palais, 17, avenue du Général-Eisenhower, 75008 Paris, et chapelle Saint-Louis de la Pitié-Salpêtrière, 47, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris.


Photos : Nan Holdin/Grand Palais/Kbsp/DR


