Pour sa Haute Couture 2026, Valentino n’a pas seulement présenté une collection. La maison a ouvert un chapitre de transition, un moment où l’héritage se contemple avec douceur et lucidité. Sous la direction d’Alessandro Michele, Specula Mundi s’est imposée comme une méditation sur le cinéma classique, sur la manière dont les images d’hier façonnent encore notre regard.












Photos : Valentino/DR
Un défilé vu à travers une fente de lumière
Les invités observaient les silhouettes à travers de petites fenêtres percées dans un mur circulaire, réinterprétation du Kaiserpanorama. Une vision fragmentée, presque intime. Un ourlet surgissait avant un visage, une manche glissait dans le champ avant que la silhouette ne se révèle. Cette lenteur imposée rappelait les premiers temps du cinéma, quand chaque image demandait de l’attention et laissait place à l’imagination.
Une robe rouge pour convoquer les fantômes d’Hollywood
La collection s’ouvrait sur une robe rouge taille basse, hommage direct à l’ADN Valentino. Mais derrière cette évidence se cachait une tension dramatique, celle des héroïnes hollywoodiennes des années 30, prises entre gloire et fragilité. Michele convoquait ces figures mythiques pour mieux les réinterpréter.












Photos : Valentino/DR
Velours, métal et silhouettes sculptées
Les silhouettes avançaient comme des icônes. Épaules affirmées, tailles basses, velours profonds, surfaces métalliques qui accrochaient la lumière. Les capes et coiffes en résille donnaient une dimension presque épique, tandis que les drapés évoquaient la statuaire gréco-romaine. Gants d’opéra, longues traînes et tailleurs formels renforçaient ce goût du drame maîtrisé.
Une couture entre héritage et réinvention
Ce qui donnait à Specula Mundi sa force, c’était cette sensation d’entre-deux. Michele semblait avancer sur une ligne fragile: respecter l’héritage monumental de Valentino tout en cherchant sa propre voix. Une couture-miroir, où passé et futur se superposent sans jamais se contredire.












Photos : Valentino/DR
Alessandro Michele signe une couture qui regarde le monde comme un vieux film retrouvé
Dans cette ère post-Garavani, Valentino explore une nouvelle identité. Et avec cette collection, la maison prouve qu’elle peut regarder son histoire en face tout en ouvrant la porte à d’autres possibles. Une vision courte, dense, et déjà déterminante.



Photos : Valentino/DR

