Sous la verrière retrouvée du Grand Palais, le Saut Hermès 2026 a offert trois jours de pur vertige. Les chevaux ont volé, les cavaliers ont tutoyé l’impossible, et un Britannique au sang froid a rappelé à Paris ce que veut dire régner.




Photos : Saut Hermes/DR
La nef respire à nouveau
Il y a des retours qui ressemblent à des retrouvailles. Celui du Saut Hermès dans la nef du Grand Palais en fait partie. Après des années passées au Grand Palais Éphémère, l’événement a retrouvé son écrin d’origine, ce lieu où la lumière tombe comme une bénédiction et où chaque pas de cheval résonne comme un battement de cœur. Dès le vendredi, on a senti que quelque chose se passait. Les tribunes se sont remplies avec la même ferveur qu’autrefois, comme si le public n’avait jamais quitté les lieux. La nef vibrait, respirait, vivait. On aurait dit qu’elle attendait ce moment depuis longtemps.
Scott Brash, le retour du métronome
Le Grand Prix Hermès du dimanche a été un concentré de tension pure. Un parcours dense, exigeant, pensé pour séparer les très bons des légendes. Six couples seulement ont réussi à décrocher leur place pour un barrage qui s’annonçait électrique. Et puis, il y a eu Scott Brash. Le cavalier britannique, en selle sur Hello Chadora Lady, a déroulé un barrage d’une précision presque irréelle. Une trajectoire tendue comme un fil, un rythme qui ne faiblit jamais, cette façon unique de faire croire que tout est facile alors que tout est calculé au millimètre. Quand il a franchi la ligne, le chronomètre a affiché un temps que personne n’a pu approcher. Martin Fuchs a tenté. Harrie Smolders aussi. Mais rien n’y a fait. Le roi était de retour, et Paris l’a senti




Photos : Saut Hermes/DR
Un week-end de frissons
Le Saut Hermès n’a jamais été un concours comme les autres. C’est un rendez-vous où l’émotion s’invite à chaque coin de piste. Dès le vendredi, François-Xavier Boudant a mis la nef en ébullition en remportant le Prix Hermès Sellier avec Brazyl du Mezel. Une victoire tricolore qui a fait vibrer les gradins. Le samedi, l’épreuve par paires, le fameux Saut Hermès, a offert un moment de complicité rare. Pieter Devos et Jarina J ont dominé cette danse à deux, où chaque cavalier doit sentir l’autre sans jamais le voir. Et puis il y a eu les Talents Hermès, ces jeunes cavaliers qui montent avec la fougue de ceux qui n’ont pas encore appris à douter. Le cavalier belge Mathieu Guéry s’est imposé avec une maturité qui force le respect.
Quand l’art entre en piste
Entre deux épreuves, la nef s’est transformée en scène. Le spectacle Tous percussionnistes ! a suspendu le temps. Les chevaux semblaient répondre aux pulsations de la musique de Minh-Tâm Nguyen, comme si leurs sabots devenaient instruments. Une respiration poétique au milieu de l’intensité sportive. Un moment où le cheval n’était plus seulement athlète, mais artiste.






Photos : Saut Hermes/DR
Une édition qui change tout
La France a brillé, portée par Jeanne Sadran et Alexa Ferrer, toutes deux dans le Top 10 du Grand Prix. Mais au-delà des classements, cette édition 2026 restera comme celle du retour à la maison. Celle où le Grand Palais a retrouvé son souffle. Celle où Scott Brash a rappelé à tous pourquoi il est l’un des plus grands cavaliers de sa génération.








Photos : Saut Hermes/DR


