Pour l’automne/hiver 2026, Miuccia Prada dévoile une collection où la mode semble se débattre avec un monde qui s’effrite. Une vision mélancolique, presque apocalyptique, où les vêtements deviennent les derniers témoins d’une époque en perte de sens.












Photos : Miu Miu/DR
Un décor qui dit déjà tout
Sur un carré d’herbe sèche, entouré de murs tapissés de papiers peints trop colorés pour être rassurants, Miu Miu installe une atmosphère de fin de cycle. La vidéo d’ouverture, signée Antoneta Alamat Kusijanović, montre un personnage tapant frénétiquement sur un ordinateur au fond d’une piscine. L’image est forte, presque suffocante. Elle annonce la suite : l’urgence, la fatigue, l’absurdité d’un quotidien qui s’effondre.
Des vêtements pour survivre, pas pour séduire
Ici, pas de fantaisie. Pas de couleurs éclatantes. Pas de joie. Les silhouettes semblent s’être habillées à la hâte, comme si le monde extérieur n’offrait plus le luxe du choix. Tailleurs en cuir froissé, robes babydoll poudrées, baskets années 1990, un seul chapeau en fourrure strassée… tout respire la lassitude. Les teintes oscillent entre bordeaux, beige, moutarde, rose pêche et une infinité de gris. Une palette qui dit la fatigue, la résignation, la nostalgie.












Photos : Miu Miu/DR
Les années 1990 comme refuge
Quatre icônes blondes des années 1990 défilent : Chloë Sevigny, Gemma Ward, Gillian Anderson, Kristen McMenamy. Elles semblent surgir d’un passé où la mode avait encore quelque chose d’insouciant. Aujourd’hui, elles avancent comme des fantômes familiers, rappelant une époque où l’on croyait encore que s’habiller pouvait être un jeu.
Une femme mélancolique, lucide, presque désabusée
La femme Miu Miu de cette saison n’est pas coquette. Elle n’est pas espiègle. Elle n’est pas dans la provocation. Elle est fatiguée. Elle s’habille pour sortir, pour tenir, pour continuer. Les proportions sont parfois étranges, les tailles approximatives, les silhouettes volontairement négligées. Comme si l’important n’était plus d’être belle, mais d’être là.












Photos : Miu Miu/DR
La mode comme question, pas comme réponse
Miu Miu ne cherche pas à définir le bon goût. Ni le luxe. Ni même la mode. La marque interroge autre chose : à quoi sert de créer des vêtements quand le monde semble se fissurer de toutes parts. Que veut-on vraiment aujourd’hui, sinon un manteau chaud, une matière qui protège, un geste qui rassure. La collection murmure une vérité simple : la mode n’est qu’une garde-robe. La vie, la vraie, se joue avant et après le moment où l’on s’habille.












Photos : Miu Miu/DR

